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Le gestionnaire forestier au coeur du déploiement Sylv’ACCTES : témoignage

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Ils assistent les propriétaires forestiers dans la gestion de leurs bois et forêts. Rencontre avec l’une d’eux, Virginie Monatte, installée depuis 2012, à La Chaise-Dieu. Pour Sylv’ACCTES, cette gestionnaire forestière indépendante (GFP) explique son installation en Haute-Loire et son approche du métier.

Virginie Monatte (au centre)

Pouvez-vous nous décrire le contexte de votre installation dans la région et votre parcours ?

« J’exerce mon activité principalement sur le territoire du Parc Naturel Régional du Livradois Forez. Cette région est caractérisée par un foncier forestier très morcelé et la présence majoritaire des résineux (sapinières/hêtraies et plantations). Malgré cette structure foncière et ces plantations, considérées par beaucoup comme étant vouées à une sylviculture régulière (type éclaircie, puis coupe rase et reboisement), je me suis rarement résolue à les traiter comme telle.

Parallèlement à mes pratiques de marquages et coupes « par le haut », j’ai suivi quelques formations Prosylva qui m’ont confortée et démontrée par l’exemple que toutes ces plantations ou ces futaies régularisées pouvaient être traitées avec un objectif d’irrégularisation, de sylviculture à couvert continu. Cette sylviculture est extrêmement positive économiquement pour le propriétaire, mais également pour la biodiversité et le paysage. Cette fois, j’avais compris comment une forêt pouvait être réellement multifonctionnelle !

J’ai ensuite traité l’obstacle du morcellement en travaillant le regroupement de chantier. Pourquoi le regroupement serait-il impossible à appliquer avec un objectif d’irrégularisation ? La plupart des propriétaires sont heureux d’apprendre que leur petite parcelle de 0,5 ha n’est pas obligatoirement destinée à un schéma coupe rase/reboisement et qu’il existe d’autres modalités plus fines de gestion. Parallèlement, je travaille avec eux sur l’amélioration de leur foncier (travail d’échange et de regroupement avec les propriétaires voisins). Et cela fonctionne souvent très bien ! »

Comment avez-vous fait évoluer le modèle économique de votre entreprise ?

Pour vivre correctement de mon métier, il restait effectivement à réfléchir au fonctionnement économique de mon entreprise. Bien souvent sur mon secteur, les gestionnaires forestiers sont rémunérés au pourcentage du montant de la vente, et la réalisation de coupes rases à un instant T permet de gagner sa vie sur le court terme. Cependant, il faut en réaliser tous les ans pour maintenir son activité, et donc passer du temps à prospecter, subir les aléas du marché, et assumer le risque et le coût que représente le reboisement pour le propriétaire forestier…

Lors de la phase de conversion d’une forêt à l’irrégulier, les prélèvements sont faibles au départ pour ne pas déstabiliser les peuplements et concerne des bois de moindre qualité. En revanche, on revient en coupe facilement tous les 5 à 6 ans et on ne perd plus de temps à prospecter pour trouver de nouveaux clients.  Environ 95 % des coupes que je commercialise pour mes clients sont des coupes d’irrégularisation, d’ouverture de cloisonnement, de jardinage et j’ai donc réfléchi à changer le modèle économique de mon entreprise…

« Les aides Sylv’ACCTES correspondaient à la réalité de notre forêt »

Virginie Monatte, GFP, PNR Livradois Forez

Le PNR Livradois Forez m’a contacté pour participer à la mise en place du dispositif Sylv’ACCTES. L’approche sylvicole de l’association paraissait correspondre à mes pratiques. L’adaptation des itinéraires sylvicoles à chaque territoire et leur construction locale avaient du sens. Les aides Sylv’ACCTES correspondaient à la réalité de notre forêt. Sur les premiers dossiers, j’ai utilisé l’appui au « diagnostic/marquage en futaie irrégulière ». Pour faire le lien avec le fonctionnement économique de mon entreprise : là, j’étais rémunérée pour l’acte de marquage. La solution était donc de séparer le marquage de la commercialisation des bois. La réalisation des diagnostics se révèle être également des moments très enrichissants pour la connaissance fine des forêts de mes clients. Ce diagnostic permet de connaître le potentiel réel du peuplement et de « programmer » les futurs travaux (souvent des enrichissements par trouées où bouquet des travaux en irrégulier).

Avant Sylv’ACCTES, je travaillais seule sur le terrain. Face au surplus de travail, j’ai pu travailler avec un jeune confrère, Nicolas Fayet. Nous partageons la même vision de la forêt et cette collaboration, conséquence du dispositif Sylv’ACCTES sur le Parc, se fait aujourd’hui pour toutes les autres activités liées à la gestion forestière. J’apprécie Sylv’ACCTES pour son implication, son écoute, son sérieux, sa vision de la forêt multifonctionnelle et la véritable gestion durable qu’elle promeut ! »

  • Un Gestionnaire Forestier Professionnel (GFP) est une personne qui assiste les propriétaires forestiers privés dans la gestion de leurs bois et forêts conformément à un document de gestion. Son activité participe à la conservation et à la régie des bois, mais également à la mise en marché de bois façonnés et sur pied.
  • Sylviculture régulière : les peuplements ont le même âge sur une même parcelle. Lorsque le cycle sylvicole arrive à son terme, les forestiers programment des coupes de régénération, laissant ainsi l’espace ouvert favorable à la germination et la croissance des semis ou des plantations artificielles.
  • Sylviculture irrégulière ou sylviculture à couvert continu: approche de la gestion des forêts qui tend à optimiser leur rendement économique en s’appuyant sur les processus naturels. Ainsi, les arbres d’âge, d’essence et de taille variés, cohabitent sur une même parcelle.